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Découvrez les coulisses d'une chorale amateur.
En tant que membre du pupitre de basses, je vous invite à découvrir l'envers du décor. Je vous raconterai nos répétitions animées, nos gags de tous niveaux et nos représentations toujours appréciées.
Profitez de votre visite pour en apprendre davantage sur notre répertoire, les compositeurs, les événements ou les anecdotes qui entourent les oeuvres.
En supplément, quelques conseils sur des enregistrements ou des outils de travail pour choriste amateur.

Surtout, n'hésitez pas à me laisser vos commentaires pour le plus grand plaisir de tout le monde !

Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 17:39
Cette fois, Dvořák choisit de nous transporter de manière différente. Certes nous restons dans un mouvement lent, mais en adoptant une mesure à 6/8, il introduit  un nouveau mouvement qui coule doucement. Même si certaines déclamations sont assez intenses, le mouvement en lui même reste suave.
Par F de l'O - Publié dans : Oeuvres
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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 17:29
Après la marche funèbre, voici un morceau que l'on pourrait qualifier de bravoure. Composé pour basse solo et choeur, ce numéro est le premier à présenter une musique grandiose et dramatique que nous n'avions pas entendu jusqu'à présent dans ce Stabat Mater. Parallèlement à quelques phrases très puissantes, on peut aussi retrouver certains passages d'une douceur impressionnante. Remarquez comme l'accompagnement joue le contre-chant du solo, et comme l'écriture orchestrale en général est imaginative !
Par F de l'O - Publié dans : Oeuvres
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 10:00
Le mouvement suivant, Eja Mater (O mère), signe le retour du choeur dans son ensemble, les voix solistes sont cette fois ci silencieuses. Ce morceau est un exemple parfait de marche funèbre sombre en Do Mineur. La première apparition de cette tonalité semble d'ailleurs venir du tréfonds de l'âme humaine.
Par F de l'O - Publié dans : Oeuvres
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 16:31
La première partie est écrite Andante con moto, celle qui s'ouvre à présent, quis est homo (Quel homme), est un autre Andante, mais celui ci est Andante sostenuto. La nature même du texte et son côté sombre et douloureux ont imposé à l'auteur une grande part de musique plutôt lente. Si vous parcourez l'ensemble de la partition, les rares morceaux à ne pas être Andante sont Largo ou Larghetto. Dans les analyses discographiques, on retrouve malheureusement beaucoup d'interprétations qui en font une monotonie assez difficile à apprécier, alors que Dvořák a fait un effort assez important pour faire la distinction entre les différents sentiments (Andante sostenuto, andante con moto...) allant jusqu'à préciser les mouvements métronomiques. La respiration de l'oeuvre tient aussi à la variation que l'on trouve dans les types de mesures (4/4, 6/8...). Seuls quelques chefs insiprés ont trouvé l'équilibre de la partition et ont réussi à faire vivre et avancer l'oeuve. Je reviendrai dans un prochain article sur les interprétations qui ont fait date et qui m'ont particulièrement touché.
Dvořák fait aussi bien attention aux variations de texture et de poids des ensembles. Après une présentation de l'ensemble des acteurs dans la première partie  (choeur, solistes et orchestre au complet), le mouvement qui la suit est écrit pour les seuls solistes du quatuor. La force du texte est particulièrement bien rendue et la phrase d'introduction domine l'ensemble du mouvement. Le compositeur utilise ensuite un crescendo soudain de cordes et trombones, bientôt rejoints par les timbales pour souligner nos pêchés (pro peccatis) alors que les trompettes se joignent aux solistes féminines sur nos tourments (tormentis). On admire dans ce morceau la liberté avec laquelle les voix se mêlent les unes aux autres. Si vous écoutez attentivement, vous pourrez saisir l'impressionnant contraste entre la douceur du cor anglais, de la clarinette ou du basson et la sonorité plus riche et plus sombre des altos et violoncelles. Lorsqu'arrive la fin du numéro, les mots sont prononcés de manière très monotone, comme si les chanteurs eux-mêmes étaient trop accablés de peine pour lancer une mélodie. Les dernières notes reviennent, elles, à l'orchestre seul.
Par F de l'O - Publié dans : Oeuvres
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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /2010 10:00
Dvořáka choisi de diviser son Stabat Mater en dix mouvements, et parmi ces dix, le premier est de loin le plus long. L'orchestre entame calmement par les altos, violoncelles et un cor avec le Fa dièse de basse, et de cette simple note, qui va rester en suspens pendant de nombreuses mesures, va donner naissance à d'autres Fa dièses qui montent jusqu'à atteindre le registre supérieur des violons et des flûtes. Maintenant fermez les yeux et imaginez la scène en ne pensant qu'à ces simples notes montantes. Ces octaves qui partent de registre medium pour monter au plus haut sont en fait un moyen musical de faire monter le regard du Chrétien tout en haut de la Croix, jusqu'au visage du Christ agonisant.
Après quelques mesures, ce sont des descentes chromatiques qui, elles, vous font baisser les yeux pour vous montrer la vierge Marie pleurant aux pieds de son fils crucifié.
En quelques instants, tout est dit et la scène qui va être décrite pendant toute l'oeuvre est clairement exposée.

Même si ce côté représentatif ne vous paraît pas évident, il est certain qu'en ces premières minutes, l'atmosphère se remplit d'une ambiance mêlant mort, tristesse et recueillement.

Tandis que l'orchestre poursuit sur son thème selon le schéma que Dvořáka réussi à trouver, les ténors font leur entrée et reprennent les descentes chromatiques sur "juxta crucem lacrimosa" (pleurant près de la croix), renforçant le sentiment exprimé par l'orchestre précédemment. Dvořák prend tout le temps nécessaire pour nous faire plonger dans le regard de l'âme.

Dvořák était un grand admirateur de Schubert, et au delà de son hommage à la symphonie inachevé (que l'on retrouve particulièrement dans les explosifs fortissimi présents dans ce premier numéro), on retrouve une autre référence au jeune compositeur... Franz Schubert a beaucoup usé de modulations dans ses oeuvres, et au dela du simple rapport que l'on fait souvent, à savoir "mode mineur = sombre / mode majeur = brillant" il était passé maître dans l'alternance des modes. Il avait compris que passer de mineur à majeur pouvait accroître la tension dramatique de manière très efficace. Dvořák reprend cette idée à son compte et la reproduit parfaitement lors de l'entrée du soliste ténor. La rupture si mineur / ré majeur crée en effet une surprise qui renforce le côté dramatique.

Après l'entrée du premier soliste, les autres le rejoignent et le choeur ponctue leurs phrases ou les souligne de manière fascinante. Les harmonies se mêlent, se complexifient et la tension se calme lorsque reviennent les octaves de Fa dièse, puis les premiers mots du cantique. Finalement, après environ quinze minutes de tension s'intensifiant, l'ouverture se referme sur une tonalité de si majeur particulièrement apaisée.
Par F de l'O - Publié dans : Oeuvres
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /2010 13:48
Après deux semaines de vacances, me voici de retour avec la reprise des répétitions pour vous souhaiter à tous, amis choristes et spectateurs, une excellente année 2010.
Comme promis, les prochains jours seront l'occasion de rentrer un peu plus en détail dans le Stabat Mater de Dvorak et ainsi faire plus ample connaissance avec l'écriture de cette oeuvre. Vous aurez aussi droit à quelques petites informations sur l'ensemble vocal qui, après un début de saison passé autour de la messe en sol de Schubert, a entamé 2010 avec des oeuvres du monde que je vous ferai (peut être) découvrir prochainement.

Encore une fois, meilleurs voeux de bonheur et de joies musicales pour cette nouvelle année !
Par F de l'O - Publié dans : Général
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Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /2009 10:00
Dans les articles qui vont suivre, vous aurez petit à petit des éléments qui pourront (ou pas) agrémenter votre écoute et plus tard votre interprétation de l'oeuvre. Même si la vision de nos chefs successifs (choeur puis orchestre) peut parfois être sensiblement différente de ce qui sera écrit ici (c'est l'essence même de la notion d'interprétation), vous pourrez au moins appréhender ce Stabat Mater avec un oeil plus averti.

Je fais une première mise au point dès maintenant, n'étant pas musicologue, de nombreux éléments de l'analyse qui va venir sont issus du remarquable ouvrage Choral Masterworks, a listener guide donc plusieurs pages sont disponibles (en anglais) sur le site Google Books.
Par F de l'O - Publié dans : Oeuvres
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Jeudi 24 décembre 2009 4 24 /12 /2009 10:00
Le Stabat Mater a été pour Dvořák une nouvelle étape dans sa carrière de compositeur. Bien sûr, il était déjà célèbre dans sa patrie d'origine grâce en particulier à une oeuvre publiée en 1873 : Hymnus, les Héritiers de la montagne blanche. En créant cette oeuvre patriotique regrettant la défaite de la Bohème face à l'Autriche en 1620 qui allait aboutir à l'annexion du vaincu dans l'empire du vainqueur, il appelait alors à un renouveau de la fierté du peuple de Bohème. Cependant, ce n'est qu'en 1878 que la réputation de Dvořák s'étend hors des frontières Tchèques.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/15/JohannesBrahms.jpgSur recommandation de Johannes Brahms, excusez du peu, ses compositions sont prises en charge par l'éditeur allemand Simrock. On sait aujourd'hui que les méthodes de celui-ci ont pu avoir un effet plus que négatif sur l'étude de la musique de Dvořák, puisqu'il revisitait l'ordre chronologique des oeuvres, mais grâce aux travaux de Burghauser, on a aujourd'hui une vision plus claire du parcours musical du maestro. Quoi qu'il en soit, cette rencontre permet aux partitions de Dvořák de circuler dans toute l'Europe et font ainsi sa réputation.


http://www.classiquenews.com/images/leos_janacek_portrait.jpgLes premières représentations du Stabat Mater en Bohème puis en Moravie dirigées par Adolf Cech puis le célèbre Leoš Janáček firent une très forte impression et l'oeuvre fut alors exportée dans toute l'Europe où elle rencontra toujours un immense succès. Elle atteindra les Etats-Unis un peu plus tard, la première représentation américaine eut lieu à Pittsburgh et New York en 1884. La première  représentation londonienne, dirigée par un certain Barnby en 1883, fut si réussie que le compositeur lui-même fut invité à diriger son oeuvre devant le public anglais. Une lettre de Dvořák à son éditeur datée de 1884 retranscrit d'ailleurs le grandiose de la scène, avec près de 800 choristes sur scène et un public enthousiaste (au point que chaque mouvement était suivi d'une salve impressionnante d'applaudissements, comportement reçu avec émotion par Dvořák à l'époque, comme il l'écrit, mais tellement décrié de nos jours dans les salles de concert...).
Par F de l'O - Publié dans : Oeuvres
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Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /2009 10:00
Comme vous pouvez le voir dans la traduction, ce n'est pas un texte facile à interpréter. Le pathos est omniprésent et le texte joue sur la répétition constante d'idées peu variées pour amener le croyant à la réflexion et à la prière. Par ailleurs, si vous regardez de plus près  la version latine, vous constaterez qu'une lecture rhytmique est de prime abord quasiment impossible tellement les variations de mesures et de rimes  sont importantes. Ces difficultés créent des obstacles supplémentaires qu'un compositeur a souvent du mal à surmonter. C'est sans doute pour cela que malgré un thème artistique puissant qui a été exploité de manière régulière par les sculpteurs ou les peintres, le Stabat Mater n'a finalement inspiré que  peu de compositeurs. La première partition est d'un certain John Browne et remonte au tout début du 16ème siècle (1503 environ), mais ses successeurs ont des noms qui vous parlent sans doute plus : Palestrina, Domenico et Alessandro Scarlatti, Pergolese, Rossini, Liszt, Verdi, Poulenc...

Le Stabat Mater de Pergolese a été longtemps le plus populaire de tous, et comme le dit M Steinberg, "cette version est sans doute trop légère pour refléter le texte original, mais aussi certainement trop intéressante pour mériter son actuel négligence". Pour ceux qui recherchent une version d'une grande force et imposante, je vous conseille la mise en musique de Franz Liszt. Il l'a écrite dans le cadre de son oratorio Christus et il mérite une écoute indépendante...
Par F de l'O - Publié dans : Oeuvres
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /2009 14:00

Debout, la Mère des douleurs,
Près de la croix était en larmes,
Quand son Fils pendait au bois.


Alors, son âme gémissante,
Toute triste et toute dolente,
Un glaive le transperça.


Qu’elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !


Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.


Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?


Qui pourrait dans l’indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils ?


Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.


Elle vit l’Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l’esprit.


Ô Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.


Fais que mon âme soit de feu
Dans l’amour du Seigneur mon Dieu :
Que je lui plaise avec toi.


Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.


Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de ses tourments.


Donne-moi de pleurer en toute vérité,
Comme toi près du crucifié,
Tant que je vivrai !


Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.


Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.


Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.


Fais que ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l’ivresse Du sang versé par ton Fils.


Je crains les flammes éternelles ;
O Vierge, assure ma tutelle
A l’heure de la justice.


Ô Christ, à l’heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
À la palme des vainqueurs.


À l’heure où mon corps va mourir,
À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis.

Par F de l'O - Publié dans : Oeuvres
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